Concarneau - Ville Bleue

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@villeconcarneau  -  Oct 08

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Attractivité touristique, qualité esthétique du cadre de vie, le patrimoine architectural d’une commune constitue un atout manifeste que Concarneau entretient désormais avec l’aide de l’État grâce à une convention signée récemment.

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Visiteur célèbre - Quand Concarneau recevait le général de Gaulle

Les sirènes des bateaux de pêche, pavoisés pour l'occasion, retentissent au passage du cortège présidentiel.

Jeudi 8 septembre 1960 : le président de la République prend le temps d’une visite officielle dans la Ville Bleue. De bon matin, le général de Gaulle s’offre un bain de foule et prononce un discours engagé, avant de poursuivre sa tournée bretonne au pas de charge.

Il n’est arrivé que depuis la veille, mais il a déjà visité Brest, l’Arsenal, l’île de Sein, Douarnenez, Quimper… « Le Président de Gaulle arrive de Quimper à Concarneau le jeudi 8 septembre 1960 à 8 heures du matin, c’est la première étape de son deuxième jour en Bretagne », précise le Concarnois Jean-Paul Ollivier, dit Paulo la Science, célèbre commentateur du Tour de France et auteur d’une douzaine d’ouvrages sur le général de Gaulle. « Comme toutes ses visites, celle qu’il fait en Bretagne s’avère très dense : il voulait voir le plus de monde possible, n’était jamais fatigué et suivait un programme très précis. » Ainsi, il prend tous ses déjeuners en sous-préfecture et couche le soir en préfecture, « dans un lit spécial, adapté à sa grande taille, qui le précède dans ses déplacements, s’amuse le journaliste, et pendant sa visite en Bretagne, un bloc opératoire est resté disponible pour lui 24 h sur 24 à Quimper, par mesure de sécurité ».

UNE VISITE BIEN ORDONNÉE
À Concarneau, le passage du Grand Charles dure moins d’une heure, mais rien n’a été laissé au hasard. En vue de la venue du Président, le maire Charles Linement a fait publier des consignes : « Les usines ne doivent pas allumer les chaudières avant 8 h30 pour éviter les fumées nauséabondes, les bateaux de pêche à quai sont priés de pavoiser et de faire sonner leurs sirènes au passage du Président… », égrène Jean-Paul Ollivier. De même, les employeurs sont invités à libérer leurs salariés pour accueillir le chef de l’État, tandis que les habitants le sont à décorer leurs balcons aux couleurs de la République. D’ailleurs, la presse relatant la visite le confirme, les consignes ont bien été suivies : « Le troisième port de pêche de France était en fête pour l’arrivée du chef d’État qu’accueillit le hululement des sirènes de brume des chalutiers massés dans le port et qui tous, avaient hissé le grand pavois. » Sur la place de la Mairie, la décoration a été soignée : « Un drap sur les halles avec une croix de Lorraine, qui avait d’ailleurs été lacéré pendant la nuit et heureusement réparé, des drapeaux aux balcons et sur les remparts, deux effigies de la fête des Filets bleus sorties pour l’occasion. » Pourquoi autant d’efforts, une telle mobilisation ? « C’était de Gaulle, pas n’importe qui ! Il avait fait deux guerres, lancé son appel, créé la sécurité sociale… », énonce Jean-Paul Ollivier.

LA CRISE ALGÉRIENNE AU CŒUR DU DISCOURS
Le Président fait donc son entrée dans Concarneau devant une foule considérable malgré l’heure matinale : il descend par l’avenue de la Gare pour aller en ville, puis l’avenue Pierre-Guéguin jusqu’à la place de la Mairie où il prononce son allocution. La presse relève qu’il est accueilli « sur la grand’place de la Mairie, inondée de soleil – où la Reine des Filets Bleus entourée de ses demoiselles d’honneur en costume de moire et de dentelle formaient un charmant tableau vivant au pied du podium ». Charles de Gaulle prend la parole, « il délivre quelques poncifs habituels,  «je viens saluer votre ville si belle, si courageuse […], votre ville bretonne, votre ville française »… , raconte Jean-Paul Ollivier. Il parle d’un  «monde dur et compliqué », qui  «retentit d’invectives qu’on se jette à la figure d’un bout à l’autre de l’univers ». Mais surtout, comme à chaque discours, il aborde le conflit algérien. Il ne faut pas oublier que nous sommes alors en pleine guerre d’Algérie ! » Le Général utilise d’ailleurs une formule devenue célèbre : « [La France] demande simplement qu’avant d’entamer le débat, avant d’entrer dans la salle, personne n’apporte son couteau. » Le journal Le Monde, dans son édition du 9 septembre 1960, pointera que « l’insistance avec laquelle |…] le chef de l’État a évoqué la nécessité de  «déposer son couteau » avant d’entamer toute discussion donne à penser que l’idée d’une trêve est bien dans sa pensée ».

LES PETITES HISTOIRES LIÉES À LA VISITE
Après son discours, Charles de Gaulle est invité à signer le compte rendu de la séance du conseil municipal du jour. « On voit sa signature qui se lit en premier au bas du document ! C’est assez extraordinaire, s’amuse Jean-Paul Ollivier. Pour l’anecdote, le conseil s’était réuni avant l’arrivée du Président pour rédiger le texte et exprimer combien il est sensible à l’honneur fait à la ville… » Il y est également fait mention du tableau réalisé par le peintre concarnois Jean Le Merdy, une gouache représentant le slipway et les chantiers de construction navale, avec les remparts de la Ville-close en arrière-plan. « De Gaulle a voulu remercier le peintre, mais celui-ci était caché dans la foule. La toile sera embarquée dans une voiture destinée à recevoir tous les cadeaux du Président pendant ses visites. Un jour, en Gironde, il a reçu un agneau qui avait dévoré une partie de la DS à son arrivée à l’Élysée ! » Le Général entame ensuite la visite de la criée, du port de pêche et des quais, sous une salve de coups de canons et les sirènes des chalutiers. « Il s’est promené longuement entre les caissettes de poisson frais, interrogeant pêcheurs et vendeurs sur les perspectives de la pêche », avant de quitter Concarneau en direction de Rosporden.

Pour en savoir +
Jean-Paul Ollivier est l’auteur d’une séries d’ouvrages sur Charles de Gaulle, dont Le Général de Gaulle et la Bretagne (éd. Le Télégramme) et Le Tour de France du Général (éd. Julliard) dans lesquels il évoque l’attachement du Général à la Bretagne. À découvrir également, Charles de Gaulle, un destin pour la France, éditions Larousse, à paraître le 7 octobre 2020.



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