Concarneau - Ville Bleue

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@villeconcarneau  -  Jui 03

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Attractivité touristique, qualité esthétique du cadre de vie, le patrimoine architectural d’une commune constitue un atout manifeste que Concarneau entretient désormais avec l’aide de l’État grâce à une convention signée récemment.

Arrêt sur image

Le Marche-Avec, symbole vivace du passé sardinier de Concarneau

On peut croiser sa coque bleue immatriculée « 1645 » dans le port de plaisance de Concarneau. Sinon, c’est en mer, lorsqu’il navigue, qu’il est plus facile d’admirer le Marche-Avec, réplique d’un cotre-sardinier des années 1920.

Un petit voilier vivace de 11,40m de longueur de coque et 17,40 hors tout, doté de 152 m² de voilure ocre, blanche et bleue. Le Marche-Avec navigue avec élégance du printemps à l’automne, pour des entraînements hebdomadaires à la manœuvre, mais aussi pour représenter la ville dans les rassemblements et événements nautiques liés aux voiles traditionnelles. De Brest à La Roche-Bernard, d’Etel à Douarnenez, il s’affiche fièrement aux côtés des Recouvrance et autres Biche. C’est d’ailleurs en vue du premier rassemblement et du concours de bateaux des Côtes de France pour Brest 92 que le Marche-Avec a été conçu.
« Il a été construit sur la place Duquesne, racontent Pascal, Bernard et Francis, tous les trois chefs de bord bénévoles du Marche-Avec. Les gens venaient voir le chantier, ils piqueniquaient devant ! » Car c’est un projet original qui a su fédérer la population, la municipalité et de nombreux partenaires dont les chantiers Piriou. « C’était au moment d’un grand engouement pour la voile traditionnelle et la plaisance, dans la lignée de Tabarly. La France redécouvrait une histoire maritime riche. Et Concarneau a toujours témoigné un vif intérêt pour le patrimoine avec la fête des Vieilles Coques dès 1975, ou celle des Filets Bleus en soutien aux pêcheurs et aux ouvrières des sardineries. » Un passé sardinier cher à la Ville bleue que le Marche-Avec valorise avec panache.

LE POISSON D’ARGENT AU CŒUR DE LA VILLE BLEUE

Le Marche-Avec en maintenance annuelle 2017 au Pasco - Photo B.Houssin Le Marche-Avec est donc la reproduction d’un cotre sardinier, une nouvelle jauge de bateau développée au début du XXe siècle, alors que la sardine se fait plus difficile à pêcher.
« Plus rapide, doté d’un pont et donc plus sécurisé que les chaloupes sardinières non pontées, le cotre sardinier est le témoin de l’âge d’or de la sardine à Concarneau, confirment les trois chefs de bord. Il ne pêche pas lui-même, mais permet de sortir à la journée, en traînant une ou plusieurs annexes, même en cas de forte mer. Et puis, en dehors de la saison de pêche, il peut être utilisé comme caseyeur ou palangrier… » Une polyvalence qui fera son succès dans les ports sardiniers comme Concarneau ou Douarnenez entre les années 1910 et 1930. « Le premier qui ramenait sa pêche à la conserverie vendait plus cher : c’était une course à la fraîcheur. Or, il fallait aller de plus en plus loin pour trouver les sardines. » À Concarneau, on comptera 70 bateaux neufs immatriculés dans la période d’apogée, jusqu’à l’apparition des premières pinasses à moteur. Si la sardine a fini par être détrônée par le thon, son empreinte reste durable dans la ville et influencera le choix du cotre sardinier aux initiateurs du projet de construction d’un bateau du patrimoine. « Avec une taille intermédiaire, il était moins coûteux à réaliser et à entretenir, il peut aussi naviguer plus facilement et c’est un bel hommage à l’histoire de la ville. Il y a une époque où Concarneau comptait une trentaine de friteries ! » Sans oublier la fête des Filets Bleus, créée en 1905 pour venir en aide aux familles des pêcheurs victimes de la disparition de la sardine le long des côtes bretonnes. « Concarneau a été très marquée par l’histoire de la sardine. »

UN BATEAU UNIQUE ET EMBLÉMATIQUE

Devenu l’un des emblèmes de Concarneau, le Marche-Avec est propriété de la Ville depuis 1994 : « L’association l’a cédé pour un franc symbolique, précisent les trois chefs de bord. La Ville est en négociation avec la Fondation du Patrimoine pour mettre en place une souscription au profit de la rénovation du Marche-Avec. Nous faisons vivre le bateau, par l’entretien, la navigation, la représentation dans les animations maritimes.
Tandis que la Ville en est l’armateur, depuis plus de 20 ans ! » Une curiosité dans le paysage des bateaux patrimoniaux français. Autre particularité, le Marche-Avec n’est pas exploité commercialement, c’est-à-dire qu’il ne monnaie pas ses sorties.
« Pour monter à bord, il faut donc être membre de l’association. » Enfin, depuis 2013, le Marche-Avec est certifié Bateau d’intérêt patrimonial (BIP) par la Fondation du patrimoine maritime et fluvial : « Il reproduit à l’identique toutes les caractéristiques et spécificités techniques d’un cotre sardinier de son époque. » Ce qui veut dire qu’il ne peut pas être équipé pour rendre la navigation plus facile… Naviguer à bord du Marche-Avec, c’est donc réapprendre à manoeuvrer sans assistance : « C’est un gréement qu’on ne connaît plus, des gestes oubliés… On est pourtant tous des voileux à la base, l’un de nous vient des Glénans, mais on a tous réappris à naviguer ! C’est beaucoup plus physique, très spécifique, sans aucune aide à l’effort : il n’y a même pas un seul winch*… » Une difficulté qui ajoute au plaisir de tirer des bords sur ce navire d’exception.

UNE VIE ASSOCIATIVE RICHE

Chaque semaine, une douzaine d’adhérents de l’association des Amis du Marche-Avec se retrouvent le mardi et le jeudi après-midi pour s’entraîner à la manœuvre. L’association compte cinq chefs de bords et une centaine d’adhérents : « Des Concarnois bien sûr, mais aussi des gens de toute la France et même des Allemands, des Suisses… » Tous sont réunis par le plaisir de naviguer  «à l'ancienne ». Ils participent aussi à l’entretien annuel du navire, « il faut aimer bricoler : on cherche des compétences en électricité, mécanique, menuiserie ». Mais pour les chantiers exceptionnels, il faut faire appel à des professionnels : « En 2017, les ateliers municipaux ont refait le rouf complètement à neuf. » Et avec plus de 25 ans d’âge, le cotre sardinier va devoir retrouver une seconde jeunesse (voir ci-dessous). Très demandé, le Marche-Avec a déjà un carnet de bal bien rempli : il sera présent aux Vieilles Coques, à Etel, à Douarnenez, aux Filets Bleus et au pardon des Glénan. Il participe encore à la collecte de plancton pour le Laboratoire de biologie marine, à l'accompagnement de clubs de yoles aux îles… Et les Concarnois sont invités à monter à bord librement lors des Journées du patrimoine (septembre) et de Tout Concarneau navigue (23 juin). D’ailleurs, l’association lance un appel à la jeunesse : « Nous aimerions créer un équipage de jeunes ! »

> Pour en savoir plus sur le Marche-Avec : http://cotremarcheavec.wixsite.com/amis-du-marche-avec

*Winch : équipement fixe placé sur le pont d'un voilier qui permet de démultiplier la traction exercée par l'équipage sur les cordages

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