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L'ensemble que constitue aujourd'hui la Maison du Patrimoine est le témoin d'une succession d'époques. Elle se compose de la « tour du Gouverneur » à laquelle furent annexés, à des époques distinctes, deux logis communément appelés maison du Gouverneur
et logis du Major
.
Vraisemblablement construite au XVe siècle, cette tour, adossée à la courtine, était le lieu de résidence du gouverneur. Représentant du pouvoir ducal puis royal, il était le détenteur de l'autorité militaire et le garant de l'ordre public à Concarneau.
Dans la seconde moitié du XVIe siècle, un premier logis est édifié au nord de la tour. Mais le manque de sources documentaires ne permet pas d'identifier sa fonction d'origine. Au XVIIIe siècle, le logis du Major est érigé, faisant corps à ces deux bâtiments. Surplombant la grande porte de la ville, cette partie abritait auparavant les soldats de la place.
A cette même période, le désintérêt du pouvoir royal pour la Ville Close fit peu à peu perdre à l'enceinte son rôle militaire malgré un sursaut au XIXe siècle. Transformés en habitation dès 1934, la tour et la maison du Gouverneur ainsi que le logis du Major deviennent propriété de la municipalité en 1960. Les derniers résidents la quitteront en 1977.
La diversité et la superposition des éléments architecturaux qui composent la Maison du Patrimoine, traduisent les nombreuses modifications apportées afin de répondre aux évolutions de la technologie militaire. La tour du Gouverneur était certainement la plus concernée par ce souci de modernité.
Les transformations ont commencé au XVe siècle, elles se sont vraisemblablement poursuivies dans la première moitié du XVIe siècle avec le chemisage de la tour jusqu'au XIXe siècle avec l'arasement de son couronnement, de son aménagement en plate-forme d'artillerie et de l'édification d'une voûte.
La maison du Gouverneur est manifestement l'habitation la plus ancienne de la Ville Close. Sa façade en pan-de-bois constitue un élément architectural important. Au rez-de-chaussée, les larges ouvertures entre les poteaux laissent imaginer la présence autrefois d'une écurie ou d'un lieu de remise.
La sévérité du logis du Major est caractéristique de l'architecture néoclassique du XVIIIe siècle. Les décors de la porte d'entrée surmontée de ce logis sont influencés par les motifs antiques comme en témoigne le fronton triangulaire. Cet ensemble fut, comme le reste des fortifications, classé au titre des Monuments historiques en 1899.
Laissé à l'abandon, l'ensemble que constitue la Maison du Patrimoine est resté dans un état de délabrement pendant plusieurs décennies. Le manque d'entretien, l'humidité et les conditions climatiques ont accéléré les altérations. Ils ont entraîné le mauvais état de conservation des menuiseries, la présence de végétation sur les façades et la décomposition des enduits. D'autres dégradations révèlent l'absence de soin et l'emploi de matériaux inadaptés.
Les réparations ponctuelles, telles la réfection en 1788 de la façade de la maison du Gouverneur en maçonnerie de terre grasse ou sa couverture en ardoises fines, ne respectèrent pas son caractère historique. Toutes ces modifications lui donnèrent une allure composite modifiant ainsi sa lecture d'origine. Pour mettre en valeur sa composition architecturale et la rendre perceptible par tous, la municipalité met en œuvre en 2001 un programme de restauration placé sous la maîtrise d'œuvre de l'Architecte en chef des monuments historiques.
La restauration a pour objectif la restitution des qualités historiques et esthétiques de d'un bien culturel endommagé. La réfection de cet ensemble apparaît donc comme le moyen de retrouver sa lecture d'origine tout en préservant sa diversité architecturale et son héritage culturel. Elle permet en outre de stopper la progression des détériorations qui l'affectent.
Une étude minutieuse préalable se fonde sur une bonne connaissance historique de l'édifice dans les limites des sources documentaires disponibles. Elle s'accompagne d'une analyse du patrimoine bâti. La construction en pan-de-bois, l'emploi de pilastres à bossages au rez-de-chaussée du logis du Major témoignent par exemple de l'habileté des bâtisseurs.
Un examen de son état de conservation s'avère nécessaire. Une observation des parties dégradées, une identification des différentes campagnes de construction et des matériaux utilisés facilitent la définition des techniques à adopter pour la restauration de ce monument.
Des artisans, agréés par l'Architecte en chef des Monuments historiques, ont pour mission la réhabilitation de la Maison du Patrimoine. Celle-ci s'effectue dans le respect des savoir-faire traditionnels. La variété des matériaux employés exige l'intervention de plusieurs corps de métiers.
Des entreprises spécialisées s'assurent de la qualité des matériaux dont l'utilisation de produits naturels tels la chaux, la terre, le pisé. Le bois, composante importante de cette maison, est l'objet de techniques spécifiques : assemblage de la charpente et façonnage du pan-de-bois. C'est aux couvreurs qu'incombe la protection de tous ces éléments de construction. Le maître d'œuvre opte pour la réalisation d'une couverture traditionnelle et régionale, adaptée aux conditions climatiques.
Un soin particulier est également apporté aux décors intérieurs qui réclament une parfaite habileté manuelle des peintres et ferronniers. A ces techniques de construction anciennes s'ajoutent des procédés contemporains. Ils sont examinés puis validés par le laboratoire de recherches des Monuments historiques. Certaines parties dégradées, comme le plancher de la tour, sont remplacées, tandis que d'autres structures sont simplement consolidées : rejointoiement des murs, injection de résine...
L'attrait de cet ensemble et son emplacement privilégié à l'entrée de la Ville Close lui donnent aujourd'hui une dimension touristique. Sa restauration permet de transformer sa fonction d'origine en un lieu d'accueil du public avec pour conséquence des contraintes spécifiques d'aménagement.
Des équipements adaptés et discrets sont destinés à la visite tout en respectant le caractère historique des lieux. En témoignent l'installation d'un escalier en chêne offrant un accès direct aux courtines et la mise en place de grilles en bois au rez-de-chaussée de la maison du Gouverneur.
La restauration des édifices désignés aujourd'hui sous le terme de Maison du Patrimoine, s'inscrit dans un programme de mise en valeur de la ville. En 1992, la création d'une Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (ZPPAUP) réglemente les nouvelles constructions et les restaurations.
Les travaux de ravalement des façades et les opérations de réhabilitation, dont a fait l'objet la Maison du Patrimoine, participent aussi de l'embellissement du cœur historique de la cité. Cette politique de mise en valeur s'est concrétisée en 2002 par l'obtention du label Ville d'art et d'histoire.
Les différents espaces qui composent aujourd'hui la Maison du Patrimoine, les outils de médiation qui l'animent incitent aussi bien les adultes que les enfants à découvrir la ville de Concarneau.
Un premier espace, situé au rez-de-chaussée de la tour du Gouverneur, permet l'accueil et l'information du public. Il a vocation à le sensibiliser aux différentes facettes du patrimoine concarnois. Un lieu d'exposition temporaire est installé au rez-de-chaussée de la maison du Gouverneur. La diversité et le renouvellement régulier des thèmes abordés constituent l'occasion de susciter l'intérêt des visiteurs.
Le premier étage de cette maison reçoit les ateliers du patrimoine organisés pour les enfants âgés de 6 à 12 ans et les scolaires. Le logis du Major abrite un centre de ressources documentaires destiné aux guides-conférenciers, aux étudiants et aux enseignants. Il fait aussi office de lieu d'échanges pour les professionnels du patrimoine, du tourisme et de la culture.